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AfD en Saxe-Anhalt : le RN prend ses distances malgré une victoire historique, entre faits et stratégie de dédiabolisation
L’AfD a remporté une victoire sans précédent aux élections régionales de Saxe-Anhalt le 6 septembre 2026, avec environ 43,8 % des voix, loin devant la CDU. Le Rassemblement national français n’a pas célébré ce résultat, invoquant des « lignes rouges » franchies par le parti allemand depuis leur rupture de 2024, notamment sur l’histoire de la Seconde Guerre mondiale. Les preuves confirment tant le score historique que la distance affichée par le RN, tout en laissant ouvertes les questions de formation de gouvernement et d’intérêts stratégiques.
Par Georges Darmond, publié le 08.09.2026

Illustration générée Illustration générée — ne constitue pas une photographie réelle.
Le 6 septembre 2026, l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) a obtenu un score historique aux élections du Landtag de Saxe-Anhalt, un Land de l’est de l’Allemagne d’environ 2,1 millions d’habitants. Selon les résultats provisoires officiels et les reportages de médias comme la BBC, DW, Tagesschau, Le Parisien ou Reuters, le parti d’extrême droite a recueilli 43,8 % des voix (parfois arrondi à 44 %), plus que le double de son score de 2021 (20,8 %). La CDU du chancelier Friedrich Merz s’est effondrée à 17,2 %, loin derrière. L’AfD obtient 39 sièges sur 83, manquant de peu la majorité absolue (42 sièges). La participation a atteint un niveau exceptionnel de 77,8 %. Ulrich Siegmund, tête de liste AfD, a salué un « résultat sensationnel » et un « mandat pour gouverner », tout en excluant une minorité gouvernementale pure. Aucun parti mainstream n’a accepté une coalition avec l’AfD, classée extrémiste de droite par les services de renseignement du Land. Le BSW (Alliance Sahra Wagenknecht) a franchi le seuil avec environ 5,2-5,3 % et 5 sièges, ouvrant d’éventuelles discussions.
Pourquoi ce sujet circule maintenant : le résultat, annoncé dans la soirée du 6 septembre et confirmé le 7, constitue la première percée aussi nette d’un parti d’extrême droite en Allemagne depuis 1945 à l’échelle d’un Land. Il fragilise le chancelier Merz et alimente les débats européens sur la montée des droites radicales, la nostalgie de la RDA dans l’est, l’immigration, le pouvoir d’achat et le sentiment de déclassement. Des titres français comme celui de RTL (« Des lignes rouges ont été franchies » : pourquoi le RN ne se réjouit pas…), Franceinfo, Le Monde ou La Dépêche ont immédiatement croisé le succès allemand avec les réactions hexagonales.
Origine et contexte de la distance RN-AfD : le RN et l’AfD siégeaient ensemble au groupe Identité et Démocratie au Parlement européen jusqu’en 2024. La rupture a été actée en mai 2024 par Jordan Bardella après des propos de Maximilian Krah, alors tête de liste AfD, estimant qu’un membre des Waffen-SS « n’est pas automatiquement un criminel ». Marine Le Pen et Bardella ont évoqué des « lignes rouges » franchies, liées aussi à des affaires d’espionnage présumé, à la « remigration » et à d’autres positions jugées trop radicales. Depuis, le RN siège dans le groupe Patriotes pour l’Europe (avec Orbán, Salvini etc.), sans l’AfD. Reconquête d’Éric Zemmour, en revanche, a salué la victoire comme une « heure de vérité ».
Faits établis sur les réactions RN : ni Marine Le Pen ni Jordan Bardella n’ont publié de félicitations immédiates sur les réseaux. Jean-Philippe Tanguy (député RN), interrogé sur LCI, a déclaré « prendre acte d’un vote populaire » sans « se satisfaire du parti qui a gagné », citant des positions contraires aux intérêts français et une vision de l’histoire inacceptable. Philippe Ballard (porte-parole RN) a repris la formule des « lignes rouges » franchies (Seconde Guerre mondiale revisitée, Waffen-SS, remigration, propos sur les handicapés) tout en concédant des points d’accord possibles sur l’immigration ou le pouvoir d’achat, et en appelant à s’interroger sur les causes du vote. Bardella avait indiqué juste avant le scrutin, au forum de Cernobbio, qu’un renouement n’était « pas prévu », tout en notant que la pression de l’AfD avait poussé l’Allemagne à rétablir des contrôles aux frontières. Ces déclarations sont rapportées de manière cohérente par RTL, BFMTV, Franceinfo, Le Nouvel Obs ou RFI.
Ce qui est exact, exagéré ou incertain : le score de l’AfD et son caractère historique (meilleur résultat d’un parti d’extrême droite depuis 1945 à ce niveau, meilleure performance AfD en Landtag) sont des faits solidement établis par les autorités électorales et de multiples sources indépendantes (ARD/ZDF, dpa, Wikipedia compilant les données officielles). La non-réjouissance du RN et l’invocation des « lignes rouges » correspondent précisément aux propos de ses cadres et à l’article RTL du 7 septembre 2026. Il n’y a pas de preuve d’une célébration secrète ; le silence des têtes d’affiche et les distancings publics sont documentés. En revanche, la capacité de l’AfD à gouverner reste ouverte : faute de majorité absolue et d’alliés clairs (sauf peut-être le BSW), des négociations complexes, un éventuel gouvernement minoritaire ou de nouvelles élections sont évoqués. Les motivations du RN mêlent conviction (dédiabolisation face à l’héritage Jean-Marie Le Pen) et calcul stratégique (image respectable avant une présidentielle française). Des analyses notent que le RN et l’AfD partagent des thèmes (immigration, souveraineté) mais divergent sur l’Europe, l’histoire et le degré de radicalité. L’AfD de Saxe-Anhalt est particulièrement marquée à droite ; des cadres comme Hans-Thomas Tillschneider sont cités comme idéologues durs.
Contradictions et angles morts : d’un côté, le RN souligne les divergences historiques et d’intérêt national ; de l’autre, il reconnaît l’efficacité électorale de thèmes communs et la pression que l’AfD exerce sur les conservateurs allemands. Reconquête jubile tandis que le RN se tait, illustrant les divisions de l’extrême droite française. Les autres partis français (Attal, Mélenchon, etc.) parlent de « signal d’alarme » ou de « catastrophe », sans que le RN s’y associe frontalement. Angles morts : on ignore encore les détails exacts des pourparlers de coalition en Saxe-Anhalt, l’évolution interne de l’AfD nationale, et si la distance RN restera absolue en cas de succès fédéral allemand. Les sondages post-électoraux sur les motivations des électeurs (nostalgie RDA, rejet de l’immigration, mécontentement économique) sont encore partiels. Aucune source officielle française n’indique un rapprochement imminent.
Conclusion provisoire : les éléments factuels de l’article RTL et des reportages convergents sont confirmés. L’AfD a bien réalisé une performance historique en Saxe-Anhalt le 6 septembre 2026 sans majorité absolue. Le RN ne s’en réjouit pas publiquement, se référant explicitement aux « lignes rouges » de 2024 et à une stratégie de normalisation. Cette position est cohérente avec les déclarations de ses dirigeants et s’inscrit dans un contexte de dedicatediabolisation, sans pour autant effacer les proximités thématiques. Le verdict sur l’impact européen et la formation d’un exécutif en Saxe-Anhalt reste ouvert ; les preuves disponibles ne permettent pas d’affirmer une alliance future ni une rupture idéologique totale et définitive. Les développements des prochains jours et semaines, notamment les négociations de coalition et les réactions nationales allemandes, seront déterminants.

Signature
Georges Darmond
Journaliste politique mediasJe m'appelle Georges. Je suis née dans la région parisienne où j'exerce mon métier de journalisme depuis 1 an dans le domaine du de la politique, médias, social. Aujourd'hui, je m'intéresse tout particulièrement à aux promesses non tenues, aux fausses informations, aux affirmations douteuses qui influencent notre quotidien, nos espoirs et notre espérance dans le futur.
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