L'article de franceinfo, publié le 17 septembre 2026 et signé par la cellule investigation de Radio France, s'appuie sur les témoignages de plusieurs anciens collaborateurs parlementaires de José Beaurain, député RN de la 4e circonscription de l'Aisne, premier député non-voyant de la Ve République. Ces derniers relatent des pratiques présumées illégales : reversement de la moitié de primes en espèces, achats personnels sur l'avance de frais de mandat, emploi d'un frère via un prête-nom et harcèlement. Ces allégations ont été initialement révélées par Le Canard enchaîné fin août 2026. Le déontologue de l'Assemblée nationale, Jean-Éric Gicquel, a ouvert une enquête début septembre 2026 à la suite de ces révélations, après avoir classé sans suite un premier signalement en septembre 2024. Les faits établis incluent l'existence d'alertes internes : en janvier et février 2024, deux assistants ont rencontré Renaud Labaye, alors secrétaire général du groupe RN à l'Assemblée, et évoqué ces problèmes. Labaye confirme ces entretiens mais précise qu'ils portaient principalement sur l'organisation du travail, la question des frais ayant été évoquée rapidement, et que Beaurain a assuré que tout était en règle. Selon les témoignages, Beaurain aurait également été reçu par Marine Le Pen. Le parti a néanmoins investi Beaurain pour les législatives de juin 2024, où il a été réélu dès le premier tour avec plus de 55 % des voix. Une nouvelle alerte en décembre 2025, notamment sur un contournement de l'interdiction des emplois familiaux, n'a pas empêché son investiture pour les municipales de mars 2026 à Chauny, où il a échoué au second tour. Ce qui reste incertain ou non prouvé : la véracité exacte des accusations, qui reposent sur des témoignages contradictoires avec la version du député. Aucune condamnation judiciaire n'a été prononcée à ce jour ; l'enquête du déontologue est en cours et les faits n'ont pas été portés devant la justice pénale de manière confirmée. Beaurain réfute l'intégralité des allégations, les qualifiant d'« ordurières et fantaisistes », et a annoncé le dépôt de plaintes pour diffamation, abus de confiance et abus de faiblesse en raison de son handicap. Le RN souligne ne pas disposer des moyens d'enquêter sur les finances parlementaires, qui relèvent des services de l'Assemblée, et compare à d'autres cas d'exclusion pour des faits avérés. Contradictions et angles morts : le parti met en avant l'absence de preuve formelle au moment des investitures et la présomption d'innocence, tandis que les lanceurs d'alerte estiment que les éléments fournis (relevés bancaires, témoignages) auraient justifié une exclusion ou une enquête interne plus poussée. L'article rappelle le contexte plus large des affaires de détournements au RN, comme l'affaire des assistants européens, mais ne confond pas les dossiers. Aucun élément officiel (procès-verbal, décision de justice) ne confirme ou infirme les faits au-delà des témoignages publiés. En conclusion provisoire, proportionnée aux preuves disponibles, les alertes internes au RN sont documentées et corroborées par plusieurs sources journalistiques indépendantes (franceinfo, Le Canard enchaîné, Mediapart, presse locale). Le parti a choisi de réinvestir l'élu malgré ces signalements. Les soupçons de détournements restent à ce stade des allégations non judiciairement établies, le député contestant fermement les faits et l'enquête déontologique étant en cours.